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Le
village d'Adamsville au XIXe siècle
Le
territoire
Avant
l'établissement du cadastre officiel, en 1882, le territoire d'Adamsville,
tel qu'il a existé entre 1923 et 1973, regroupait les lots 15, 16
et 17 du quatrième rang du canton de East Farnham, comté de Brome,
ainsi que la partie sud des mêmes lots dans le cinquième rang. Pour
des raisons pratiques, nous ne considérons dans cette étude que
les 600 acres incluses dans le quatrième rang, superficie qui correspond
aux numéros 411 à 479 du cadastre. Aujourd'hui, le village d'Adamsville
est borné au nord-ouest par la municipalité de Saint-Alphonse et,
à l'est et à l'ouest, par Brigham dans laquelle il se retrouve comme
enclavé.
Dans un rayon d'environ 10 milles autour d'Adamsville, on retrouve
vers 1890 les importants villages de Cowansville (6 milles), de
West Shefford (7 milles), de Granby (9 milles) et de Farnham (11
milles). Sweetsburg, siège du Palais de justice, est à 7 milles
d'Adamsville, Waterloo, la plus importante municipalité régionale
au XIXe siècle, en est éloignée de 16 milles et Knowlton, chef-lieu
du comté de Brome, de 18 milles. En 1867, on décrit Adamsville comme
«A pleasant village on the road between Farnham Centre and
Granby»1.
La branche centrale de la rivière Yamaska, dont la déclivité est
peu importante dans cette région, pénètre le territoire d'Adamsville
par le nord du 15e lot, se divise en deux parties à la limite des
lots 15 et 16, formant une île, pique plein sud dans le 17e lot
et ressort près du chemin de séparation des rangs trois et quatre.
Autour d'Adamsville, dont l'élévation se situe à environ 325 pieds,
les sols sont beaucoup plus propices à l'agriculture qu'ailleurs
en région.
«Sous
le rapport agricole, East Farnham est le meilleur township du
comté [Brome], nous dit Isidore Desnoyers. La culture des grains
donne pleine satisfaction, cependant les cultivateurs consacrent
leurs premiers soins aux pâturages. Tous les ans on dispose
d'une grande quantité de produits de l'industrie laitière»2.
Les
gens : nombre et origine
La population
du village d'Adamsville va demeurer particulièrement stable au cours
des ans, variant entre 100 et 220 personnes. C'est sur le plan de
l'origine ethnique de cette population que les principales transformations
vont s'opérer.
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Population
d’Adamsville, 1859-1931
|
|
Année
|
1859
|
1867
|
1871
|
1875
|
1888
|
1901
|
1931
|
|
Population
|
100
|
200
|
202
|
150
|
200
|
160
|
199
|
En 1871, Adamsville compte 42 ménages comprenant 5,2 personnes en
moyenne, dont 26 (62%) déclarent des enfants de six ans ou moins.
Sur les 220 personnes que regroupe le village à ce moment, 116 n'ont
pas encore atteint leur majorité, 97 sont âgées de 21 à 60 ans et
sept sont plus vieilles3.
Trente ans plus tard, en 1901, les 38 ménages d'Adamsville ne regroupent
plus que 4,2 personnes en moyenne et seulement 16 (42%) d'entre
eux déclarent de jeunes enfants. La population, réduite à 160 individus,
est constituée de 74 personnes de moins de 21 ans, de 68 de 21 à
60 ans et de 18 de plus de 61 ans. Les personnes «âgées»,
dont la proportion était de 3% en 1871, comptent désormais pour
11% du total4.
La baisse démographique constatée en 1901 s'explique en partie par
la diminution récente des activités industrielles. La situation
se rétablit en 1931 grâce, principalement, à l'affirmation des vocations
commerciale et résidentielle d'Adamsville.
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Origine
de la population
|
|
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1871
|
1901
|
1931
|
|
Nombre
|
%
|
Nombre
|
%
|
Nombre
|
%
|
|
Française
|
101
|
45,9
|
117
|
73,1
|
190
|
96,5
|
|
Anglaise
|
92
|
41,8
|
32
|
20,0
|
5
|
2,5
|
|
Écossaise
|
19
|
8,6
|
3
|
1,9
|
-
|
-
|
|
Irlandaise
|
5
|
2,3
|
7
|
4,4
|
2
|
1,0
|
|
Allemande
|
2
|
0,9
|
-
|
-
|
-
|
-
|
|
Norvégienne
|
1
|
0,45
|
1
|
0,6
|
-
|
-
|
|
Total
|
220
|
|
160
|
|
197
|
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Le renversement ethnique qui s'opère entre 1871 et 1931 est frappant
et appelle peu de commentaires, sinon celui, fort pertinent, fait
en 1937 par Ernest M. Taylor:
A
great change has come over this former English village and it
is now a French village with an English name. There is a large
Roman Catholic church, and a French school. The English school
has long been closed through lack of pupils. Shops, stores,
and mills are owned and operated by worthy French Canadians.5
Les raisons qui expliquent le départ des anglophones d'Adamsville
sont multiples, mais leur incapacité à composer avec les nouvelles
réalités ethniques régionales constitue certainement l'une d'entre
elles. Ainsi, les trois quarts des francophones du village parlent
anglais en 1901, mais seulement trois anglophones sur 40 se disent
capables de converser dans la langue de la majorité!
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