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Le
village d'Adamsville au XIXe siècle
La
vie villageoise
Le village
se présente comme une entité qui évolue au rythme de sa dynamique
interne et des influences nombreuses et variées qu'il reçoit du
monde extérieur. Au XIXe siècle, le village est l'intermédiaire
obligé des échanges économiques ville-campagne, là où les commerçants,
les boutiquiers et les industriels agissent; mais c'est aussi l'endroit
où les institutions religieuses et scolaires s'établissent et où
se cristallisent les oppositions sociales, linguistiques et religieuses.
Organisation
et utilisation du territoire
La rue Principale, qui s'étale sur un mille en suivant la ligne
de division des lots 15 et 16 du quatrième rang du canton de Farnham
Est, regroupe la plupart des constructions d'Adamsville. C'est au
sud de l'île, et des deux ponts qui permettent de franchir la rivière
Yamaska, que s'établit l'ensemble des institutions villageoises.
Deux églises et leurs dépendances, deux écoles primaires et une
Academy vont éventuellement trouver place dans ce secteur de la
rue Principale, où se rassemblent aussi la plupart des commerces
et des boutiques ainsi que de nombreuses résidences.
Enfin, ce secteur demeure au centre de l'activité économique d'Adamsville
durant toute la seconde moitié du XIXe siècle, la configuration
particulière de la rivière Yamaska, qui découpe une île de 1200
pieds de longueur par 600 pieds de largeur en plein cœur du village,
permettant de doubler le nombre d'emplacements avantageux pour la
construction des moulins et des manufactures.
Au nord des établissements industriels, la rue Principale, brièvement
divisée en deux parties, rassemble, comme dans la partie sud, commerces,
boutiques et résidences, à l'exception des institutions.
Enfin, la partie sud-ouest du 17e lot, seconde zone industrielle
d'Adamsville, réunit quelques boutiques d'artisans et résidences
autour de la rivière Yamaska, du moulin Goddard et d'une manufacture
de portes et fenêtres. Dans cette section du territoire, les activités
industrielles n'ont toutefois pas conduit à un important développement
urbain, la force d'attraction de la rue Principale étant sans doute
trop grande.
L'agriculture demeure importante tout au cours du XlXe siècle et
accapare environ les trois quarts du territoire d'Adamsville. Les
terres les plus vastes se situent au nord du lot 17, dans la moitié
est du 16e lot, au nord et au sud du lot 15. Témoignage des liens
étroits qui unissent le village et la campagne, on exerce des activités
agricoles jusque sur les plus petites parcelles de terrain. Granges,
étables, grands jardins, clôtures, etc., rappellent sans cesse les
paysages agricoles et le mode de vie rural.
En 1861, toutes les maisons d'Adamsville sont construites avec une
charpente en bois recouverte de planches et ne s'élèvent qu'à un
étage. Contrairement à ce qu'on observe fréquemment en région rurale,
aucune d'entre elles n'est bâtie en bois rond (logs). Les seules
résidences du village qui font exception sont celles du briqueteur
David Newton, du marchand George Adams et du tanneur Alson Knight,
qui toutes les trois sont en brique, les deux premières s'élevant
respectivement à un étage et demi et deux étages. À cette époque,
le seul autre édifice en brique de la rue Principale est l'Academy.
Voies
de communication et moyens de transport
Les échanges économiques, qui impliquent le déplacement des marchandises
et des gens, favorisent l'existence de voies de communication efficaces.
Dès le début de son histoire, Adamsville est relié aux agglomérations
environnantes par plusieurs chemins.
Vers le sud, dans le prolongement de la rue Principale, deux routes
permettent d'atteindre East Farnham, Cowansville et Brigham; vers
le nord, la rue Principale donne accès aux chemins de West Shefford
et Granby. Le chemin de division des rangs trois et quatre permet
de rejoindre West Farnham; pour se diriger vers l'est, à l'intérieur
des terres, on emprunte la route qui fait jonction avec la rue Principale
un peu au sud de l'île.
La traction animale constitue le moyen de transport privilégié de
l'époque, surtout dans un village qui demeure relativement isolé
du réseau ferroviaire jusqu'en 1888. Ainsi, presque tous les propriétaires
d'Adamsville possèdent des chevaux ou des boeufs de travail. Les
industriels et les marchands sont ceux qui en utilisent le plus.
En 1871, le manufacturier David Goddard possède quatres chevaux,
six boeufs de travail et neuf véhicules de transport; les activités
du tanneur Charles Wilson commandent l'utilisation de cinq chevaux,
de quatre boeufs et de dix traînes et charriots; les marchands George
Adams père et fils sont propriétaires de neuf chevaux et de 16 véhicules
de transport24.
Un an avant l'arrivée du Stanstead, Shefford & Chambly Rairoad à
Farnham, en 1857, le transport des passagers est assuré quotidiennement
par la diligence qui mène de Cowansville à Granby. À partir d'Adamsville,
il en coûte alors 0,25$ pour atteindre Cowansville et le double
pour se rendre à Granby25,
soit l'équivalent du salaire quotidien d'un journalier.
Le chemin de fer va révolutionner le transport régional et faire
de Farnham le point de rassemblement des compagnies de diligence
qui distribuent leurs passagers dans toute la région. Saint-Césaire,
Granby, Cowansville, Sweetsburg, Dunham, Frelighsburg, Knowlton,
Sutton, Potton, West Shefford, Waterloo, Frost Village, Stukely,
Magog et Stanstead sont les principales destinations26.
En décembre 1859, le train atteint le village de Granby; Adamsville
se trouve alors à 9 milles de la gare la plus proche.
Douze années s'écoulent avant qu'un deuxième chemin de fer traverse
la région, soit le South Eastern Counties Junction Railway qui s'étend
de Farnham à Newport, dans le Vermont, en passant par Cowansville
et Sutton. L'inauguration de cette voie a lieu le 15 février 187327
. La construction d'une gare à Brigham rapproche alors Adamsville
à quatre milles et demi d'un moyen de transport devenu essentiel
au développement, de même qu'elle permet la mise en opération d'une
ligne télégraphique par la Montreal Telegraph Co. C'est le magasin
général de George A. Adams qui sert alors de bureau au télégraphe,
dont l'opérateur est W. J. Gibson.
Ce n'est qu'en 1888, avec la mise en service de la Short Line du
Canadien Pacific, qui effectue la liaison Halifax-Montréal, qu'une
gare est construite à Adamsville28,
à environ 1000 pieds au sud du village. Même s'il ne s'agit que
d'une Flag Station, c'est une amélioration considérable qui va permettre
de réduire les frais de transport et de sortir Adamsville de son
isolement relatif. Mais à l'époque de la fermeture des tanneries,
de l'abandon graduel des moulins à eau et des premiers balbutiements
de la grande industrie, le chemin de fer arrive bien tard, les énergies
économiques s'étant déjà concentrées à Granby, Waterloo, Cowansville,
etc., des agglomérations qui ont pu profiter d'une liaison ferroviaire
plus précoce.
L'industrie
La présence d'un important pouvoir d'eau et l'abondance des ressources
forestières ont été à la base du développement industriel d'Adamsville.
En 1870, les six plus importantes industries du village utilisent
conjointement une force motrice hydraulique de 225 chevaux, et toutes
ont fonctionné six mois ou plus durant l'année. La rivière Yamaska
offre donc des possibilités économiques qu'on ne rencontre pas fréquemment
en région. Sauf pour le moulin à grain, toutes ces entreprises utilisent
le bois comme matière première29.
Les industries d'Adamsville, on l'a vu, se localisent en deux points
précis du territoire, mais avec une plus forte concentration sur
l'île et les berges environnantes. C'est là que le premier moulin
à scie et le premier barrage, établis sur la branche sud de la rivière
qu'on appelle The Big River, furent construits par Charles Powell
vers 1830, puis rachetés par George Adams en 1849. La construction
d'un moulin à grain sur le côté sud de l'île suivra vers 1850.
George Adams se départit du moulin à grain en 1870 et c'est Joseph
Massé, un meunier de Nelsonville (Cowansville), qui l'achète30.
L'entreprise est alors évaluée à 3 000$ et elle moud pour 12 000$
de grain par année31.
Robert Hutchison en prend possession en 1872 et l'opère jusqu'à
ce que son fils William prenne sa relève, en 1886. Enfin, George
James Adams, le petit-fils du fondateur du village, l'acquiert en
juin 190232.
En 1901, le terrain sur lequel se trouve le moulin à scie appartient
à George A. Adams. Deuxième industrie en importance d'Adamsville,
ce moulin à scie fournit du travail à dix hommes, qui reçoivent
150$ chacun pour six mois de labeur en 1870. Avec l'achat de 4 000$
de billots aux cultivateurs, cette industrie produit alors pour
7 000$ de bois de construction et de bardeaux33.
À partir de 1850, attirées par l'abondance de l'écorce de pruche,
plusieurs tanneries ouvrent leurs portes en région. Vers 1875, on
en trouve d'importantes à Acton Vale, Roxton Falls, Granby, Waterloo,
Warden et Adamsville. Ces entreprises ont largement contribué au
développement régional, grâce surtout à l'importante main-d'œuvre
qu'elles emploient et par les achats massifs d'écorce de pruches
qu'elles effectuent auprès des cultivateurs.
En fait, le village d'Adamsville va longtemps abriter deux tanneries:
une est établie sur l'île et l'autre, un peu à l'extérieur des limites
du village, dans le 15e lot du cinquième rang, près du chemin qui
mène en direction de West Shefford. Seule la première de ces deux
industries, de loin la plus importante, retiendra ici notre attention.
Un contrat de vente entre George Adams et Stephen England, daté
du mois d'août 1852, conclu pour la somme de 87 livres 10 shillings
(350$), informe sur l'origine et l'emplacement de la tannerie34.
L'acte révèle que la tannerie fut construite par Stephen England,
probablement au tournant des années 1850, sur le côté nord de l'île,
sur un terrain d'une superficie d'une acre; c'est le même homme
qui a érigé le barrage sur The Little River, la branche nord
de la rivière Yamaska.
En 1861, la tannerie est la propriété d'Alson Knight et elle embauche
une douzaine d'hommes. Charles W. Wilson achète l'entreprise vers
1867, la rénove et augmente considérablement sa capacité de production35.
Le moulin à écorce (grinder), les pompes et tous les mécanismes
de la tannerie sont actionnés grâce à un moteur à vapeur de 20 chevaux
qui complète le pouvoir de 30 chevaux généré par la rivière. Aussi,
en 1870, la tannerie Wilson est-elle la seule industrie d'Adamsville
à poursuivre ses opérations et à offrir du travail à ses 25 employés
durant toute l'année. Avec pour matières premières essentielles
400 000 livres de peaux et 3 600 cordes d'écorce de pruche, on y
produit 600 000 livres de cuir à semelle d'une valeur de 132 000$,
un montant quatre fois supérieur à la valeur de la production de
toutes les autres industries d'Adamsville réunies. Les principaux
clients de la tannerie Wilson sont les grandes manufactures de chaussures
des centres urbains.
En 1882, l'entreprise appartient à Fayette, Brackley et William
Shaw, qui exploitent déjà des tanneries à Roxton Falls, Warden et
Waterloo36.
À la suite de l'effondrement de l'industrie du tannage en région,
la Eastern Townships Hub Company, une entreprise spécialisée dans
la fabrication de moyeux de roues et de manches d'outils en bois,
occupera les bâtiments laissés vacants37.
Son propriétaire, William Wilkins, qui opère toujours la compagnie
en 1901, possède toute la moitié nord de l'île ainsi que le terrain
lui faisant face, de l'autre côté de la rivière38.
Les moulins Adams et la tannerie n'ont pas été les seules industries
à s'établir sur l'île d'Adamsville, mais elles ont été les plus
importantes. La carderie d'Otis Cook, située un peu en amont de
la tannerie, qui sera en opération une quinzaine d'années au début
du village, mérite tout de même une mention en passant.
La deuxième zone industrielle d'Adamsville se situe à trois quarts
de mille en aval de l'île, dans le sud du 17e lot du quatrième rang
du canton de East Farnham. Son histoire débute en 1849 lorsque Reuben
Goddard achète de Abner H. Beedee, pour 6 livres 5 shillings (25$),
un terrain d'une acre et demie du côté sud-est de la rivière. Il
n'est toutefois pas le premier habitant de l'endroit, puisque A.
Beedee et le forgeron Joseph Taber y sont déjà installés39.
Dès son arrivée, Goddard érige un barrage et construit un moulin
à scie actionné par une roue à eau de 40 pouces. Cette industrie
possède en outre toute la machinerie nécessaire à la production
de divers produits en bois: «one planing Machine, one sticking
Machine, one tenoning Machine and one morticing Machine and all
other machineries that is put in the said buildings.» Les
installations élevées par Reuben Goddard valent 172 livres (688$)
en 185340.
Au milieu des années 1850, David Goddard acquiert le moulin à scie
et la manufacture attenante; il en demeure propriétaire au moins
jusqu'en 1890. En 1870, cette entreprise opère neuf mois par année
et six hommes y produisent, à l'aide d'une force hydraulique de
60 chevaux, 5 000$ de tinettes, de bardeaux et de madriers41.
La production de tinettes va se poursuivre intensivement durant
plusieurs années. Or, en 1888, il semble que David Goddard ait délaissé
cette activité, puisqu'il s'annonce comme propriétaire de «saw
mill, sash, doors and furniture factory» 42.
Cinq ans plus tard, on le retrouve résidant de Philipsburg, au Kansas43.
L'histoire d'Adamsville est marquée par l'existence de plusieurs
autres petites industries. Mentionnons les plus importantes: les
fromageries de J. F. Hawk, de G. W. Hawk et de Françis Ravanelle
qui, en 1901, sont installées sur la rive nord de la Yamaska, face
à la limite ouest de l'île; les manufactures de voitures de A. et
G. Skinner et de Joseph et Napoléon Austin; enfin, la manufacture
de pompes et pelles à neige de John J. Taber.
La
boutique et le commerce
Forgerons, cordonniers, tailleurs, selliers, ferblantiers, etc.,
sont des métiers qu'on trouve ordinairement dans un village. Adamsville
ne fait pas exception, quoique sa maigre population limite singulièrement
le nombre des artisans qu'il arrive à faire subsister.
Les artisans dont la présence sera la plus soutenue au cours du
XIXe siècle sont les forgerons, les cordonniers et le sellier. Un
tonnelier, Moses Larabé, fait une apparition en 1888, mais on perd
sa trace avant la fin du siècle; Adélard Daigle et Arthur Bail,
deux jeunes partenaires qui, en 1901, résident dans la même maison,
sont les premiers ferblantiers du village; le métier de tailleur
n'est certainement pas lucratif, car Adamsville en sera privé durant
plusieurs décennies.
Difficile de cerner la date exacte de l'ouverture de la première
boutique de forgeron. On sait tout de même que celle de Joseph Taber
est en opération en 184944
et que, lorsque David Faro s'installe au village, en 1852, le contrat
d'achat qu'il passe avec James Hawkins fait mention d'un terrain
«supposed to contain about three quarters of an acre [...]
together with a blacksmith's shop thereon erected» 45.
Cette boutique, située sur le côté est de la rue Principale, ne
demeure pas longtemps la propriété de Faro, puisqu'il la cède pour
25 livres (100$) à George Adams quelques mois plus tard46.
Par la suite, plusieurs autres forgerons, mais rarement plus d'un
à la fois, vont exercer leur métier à Adamsville. D'abord, entre
1855 et 1870, Euzèbe et Noiselle Dufresne, puis Pierre Fontaine,
qui se dit également Waggonmaker, Louis Garnier et Edouard Guertin.
Au début du XXe siècle, les deux forgerons du village sont Joseph
Ostiguy et Georges Fortin. Le premier est installé à l'emplacement
«traditionnel», du côté est de la rue Principale, et
le second plus au nord, entre la rivière et le chemin qui conduit
à Glen Farnham.
Contrairement aux forgerons, les cordonniers ne seront jamais moins
de deux au village. Le record de longévité revient à Rufus Goddard,
qui répare et fabrique bottes et chaussures durant plus de quarante
ans. Sa boutique, établie en plein coeur du village dès 185847,
fonctionne toujours en 1901. Rufus Goddard est alors âgé de 78 ans.
Plus au sud, tout près de l'église catholique, le cordonnier Damase
Larivé a pignon sur rue durant tout le dernier quart du XIXe siècle.
Comme son unique compétiteur, il a dépassé l'âge de la retraite
en 1901 sans pour autant cesser ses activités.
Enfin, Elmer Cowee et John Galvin, tous deux installés en 1852,
Joseph Boisselle et son fils Antoine, William Moore et François
Dominique exercent également le métier de cordonnier à un moment
ou l'autre de l'histoire du village.
Adamsville n'a connu qu'un seul sellier: Thomas Skinner. Originaire
de Dunham, ce dernier s'établit sur la rue Principale en 1855, d'où
il dirige ses modestes activités durant plus de 25 ans. En 1871,
son chiffre d'affaires annuel n'est que de 400$, soit quatre fois
moins que celui du cordonnier Rufus Goddard. Agé de 70 ans, il opère
toujours sa boutique en 1875.
À notre connaissance, aucun notaire ou avocat n'a jamais pratiqué
à Adamsville, et le seul professionnel a y avoir exercé ses activités
est le médecin Luc Quintal. S'agit-il du «vieux docteur protestant»
avec lequel le curé Charbonneau a maille à partir en 188048?
C'est probable. Impossible cependant de connaître les années de
pratique du docteur Quintal. Son nom manque au recensement de 1871
et, toujours selon le curé Charbonneau, il serait octogénaire en
1880. En fait, la seule autre mention le concernant vient du Business
Directory de 1875.
Magasins
généraux et hôtels
Si beaucoup d'entrepreneurs tentent leur chance dans le commerce
de détail, aucun n'obtient autant de succès que George Adams et
son fils, dont le magasin général, ouvert en 1850, est toujours
en opération 25 ans plus tard. John Barr s'en porte acquéreur à
la fin des années 1870.
Le tanneur Alson Knight s'improvise marchand au milieu des années
1860 dans un édifice situé de biais avec l'église anglicane, mais
l'entreprise tourne court. Charles Woodbury, Olivier et François
Clément, Cyrus Tower, Alexandre C. Dupuis et Joseph Vanasse vont
tous, eux aussi, exercer brièvement la fonction de marchand. En
1901, François Dominique opère son commerce au même endroit que
celui d'Alson Knight, quarante ans plus tôt.
Simple arrêt sur le trajet Cowansville-Granby et relativement éloigné
du chemin de fer, Adamsville n'abrite aucun hôtel avant 1871. Le
propriétaire du moment, John Knight, fait d'ailleurs long feu et
il est bientôt remplacé, successivement, par Alexandre C. Dupuis
et Joseph Touchette. Jumelé à un magasin général, cet hôtel se trouvait
enclavé entre la boutique du cordonnier Rufus Goddard et celle du
sellier Thomas Skinner.
Les
travailleurs
L'activité économique du village d'Adamsville repose sur la présence
de plusieurs catégories de travailleurs plus ou moins qualifiés.
Il faut des ouvriers pour les moulins et la tannerie, des commis
pour les magasins généraux, des apprentis chez le forgeron et le
cordonnier, des hommes engagés chez les cultivateurs, des maçons
et des charpentiers-menuisiers pour la construction, des mecanics
et des millwright pour veiller au bon fonctionnement de l'outillage
industriel, etc.
En 1871, six chefs de famille d'Adamsville sur dix sont locataires
et la plupart d'entre eux travaillent dans les industries, où ils
gagnent un salaire annuel de 250$ à 300$. Beaucoup de ces travailleurs
ne sont que de passage, comme le montre la chute importante du nombre
des locataires après la fermeture des tanneries. Au plus fort de
l'activité industrielle, entre 1870 et 1880, on compte trois charpentiers-menuisiers
et quatre mécaniciens au village. Signe des temps, on ne retrouve
plus aucun de ces métiers à Adamsville au début du XXe siècle.
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