L'ÉDUCATION

À l'arrivée du curé Israël Courtemanche à West Shefford en 1876, l'administration des cinq écoles catholiques de sa paroisse relève des municipalités (commissions) scolaires protestantes, comme le stipulait la loi de 1875. Le législateur avait d'ailleurs été très clair à cet égard, cette loi accordait la direction de la commission aux représentants de la croyance religieuse de la majorité des habitants de la municipalité.

Voulant échapper à l'obligation de se soumettre aux protestants en matière d'éducation, le curé Courtemanche entreprend des démarches en 1878 pour créer une commission scolaire catholique regroupant ses cinq écoles, fort de l'appui de l'évêque de Saint-Hyacinthe et armé d'une pétition signée par 111 contribuables.

Mais à son grand désarroi, le curé apprend du surintendant à l'éducation qu'il est impossible de créer une telle commission scolaire et que la seule possibilité réside dans l'obtention d'écoles dissidentes de la majorité.

Les municipalités où les règlements et arrangements des commissaires pour la régie des écoles ne conviennent pas à un nombre quelconque de propriétaires, occupants, locataires ou contribuables, professant une croyance religieuse différente de celle de la majorité des habitants de la municipalité, ces propriétaires [...] peuvent signifier, par écrit, au président des commissaires d'écoles leur intention d'avoir des écoles séparées41.
Il s'agissait maintenant de convaincre les catholiques qui relevaient des municipalités scolaires protestantes des cantons de Shefford, Granby, Farnham et Brome de déclarer leurs écoles dissidentes. Ce n'était pas gagné d'avance.

Le curé se bute d'abord à l'opposition de plusieurs citoyens, particulièrement dans le canton de Brome où une certaine élite demeure insensible à ses arguments religieux et nationaux. De plus, bon nombre de cultivateurs sont peu convaincus de la pertinence d'instruire leurs enfants et préfèrent les garder comme main-d'œuvre sur la ferme.

Une première école française au village

La première école dissidente de Saint-François-Xavier, et première école « canadienne-française » du village, remonte à 1880. Jusque-là, la paroisse ne bénéficiait que de quelques écoles de rang dispersées sur un vaste territoire. La plus vieille d'entre elles, établie vers 1854, se situait à l'ouest de la montagne de Shefford sur la terre de Moïse Poirier; construite un peu plus tard, la deuxième se trouvait sur la terre de Joseph Malboeuf dans le canton de Granby. On rencontrait ces écoles au milieu de concentrations catholiques, mais leur nombre était nettement insuffisant pour répondre aux besoins d'éducation des citoyens. En 1878, avec 41% de la population, les catholiques ne possèdent que cinq écoles, alors que les protestants en ont 18.

Religion
Contribuables
Écoles
Valeurs foncières
Catholiques
235
5
141 372$
Elyjah Lawrence
336
18
326 261$
Source : Isidore Desnoyers, op. cit., p. 207.


Au début de mai 1880, les contribuables procèdent à l'élection des 3 syndics qui verront à l'établissement de la première école dissidente. Ces syndics auront des responsabilités identiques à celles des commissaires d'école : engager les institutrices, percevoir les taxes, voir à la construction des écoles et à leur financement, choisir les manuels scolaires, etc. Le curé Courtemanche, le Dr J.A.E. Brun et le propriétaire de moulins Joseph Blais rempliront ces importantes fonctions. François-Xavier Marcotte agira comme secrétaire-trésorier.

Les affaires vont rondement et, à la fin du mois de mai, 22 contribuables de West Shefford signifient au président de la Shefford Township School Board qu'ils sont désormais dissidents, au grand déplaisir des protestants qui subissent ainsi une première atteinte à leur hégémonie.

Établie dans une pièce de la maison d'Antoine Bergeron (616, rue Shefford), la nouvelle école accueille ses premiers écoliers à l'automne 1880. Les élèves occuperont ce local pendant quatre années et, les deux années suivantes, ils recevront leur enseignement chez le charron Olivier Dion qui demeure à l'extrémité ouest du village. En 1885, la construction d'une « maison d'école » est devenue nécessaire. Par souscription volontaire, quelques citoyens réussissent alors à amasser suffisamment de fonds pour couvrir l'achat d'un terrain de 18 X 12 m à 40$ et pour construire une petite école de 9 X 6 m au coût de 200$ (46, rue Compton).


Le financement scolaire

L'éducation n'était pas gratuite et son financement incombait d'abord et avant tout aux parents. En 1893, en plus d'une taxe scolaire foncière exigible de tous les contribuables et d'une taxe mensuelle de quarante cents par enfant, on ajoutait à l'occasion une taxe spéciale lorsqu'il était question de construire, de réparer ou de chauffer l'école.

Le financement public de l'éducation est très réduit au 19e siècle et, à une subvention de base minime, vient s'ajouter une prime pour les municipalités considérées comme pauvres. Les autorités religieuses, par l'intermédiaire de l'évêque, font de même grâce aux fonds de l'œuvre Saint-François-de-Sales.

Le 6 septembre 1880, manquant de fonds et en désespoir de cause, le curé Courtemanche sollicite l'intervention de l'évêque auprès du Comité catholique du Conseil de l'instruction publique dont, d'ailleurs, il est un des membres.
Lorsque vous irez à l'assemblée, vous voudrez bien vous intéresser pour notre municipalité dissidente du village de West Shefford qui est bien pauvre, comme vous le savez. Nous avons compté en nous déclarant dissidents sur votre aide de 25 $ espérant en avoir autant du gouvernement, comme étant une école pauvre42.
Mais le Conseil n'allouera que la somme de dix dollars en 1880 et en 1881. Le surintendant de l'instruction publique justifiait cette maigre allocation par la baisse de huit à quatre milles dollars du fonds aux municipalités pauvres accordé par le gouvernement.

Les dix premières années de son existence, avant la formation de la commission scolaire catholique, la survie de l'école de West Shefford dépend donc largement de l'aide extérieure. Mais cette aide n'est pas garantie et peut être retenue à tout moment, comme c'est le cas en 1882 lorsque l'inspecteur Ruel constate et rapporte au surintendant que les matières du programme scolaire ne sont pas toutes enseignées.

Le curé Courtemanche justifie ce manquement par la jeunesse de l'école (2 ans) et par l'inaptitude des enfants à recevoir certaines matières telles que l'agriculture, la tenue de livres et le dessin linéaire. Considérait-il que le rôle de l'école était principalement d'assurer une solide formation morale, quitte à négliger certaines matières académiques?

Les enseignantes

Trouver des institutrices intéressées à venir s'établir à West Shefford ne fut pas chose facile. Afin d'en dénicher deux pour ses écoles dissidentes , le curé Israël Courtemanche, à titre de secrétaire du Syndic, a expédié 37 lettres de sollicitation en 1882, mais n'a reçu qu'une seule réponse. Le salaire dérisoire qu'on versait aux enseignantes, qui avait d'ailleurs favorisé la féminisation du métier, constituait la cause majeure de ce désintérêt.
Le bureau des examinateurs de Waterloo, dont l'abbé Courtemanche fut nommé l'un des membres, n'en diplômait que quelques-unes chaque année et encore pas tous les ans. C'est grâce à ce dernier si Mlle Préfontaine, d'une timidité à tout compromettre, put être admise à l'enseignement. Et aussitôt il l'avait engagée .
En général, les commissaires cherchent à engager des enseignantes à bon marché et se soucient assez peu de leur compétence, et ce malgré les recommandations du surintendant de l'Instruction publique.

Moyenne des salaires annuels des enseignants québécois, 1894-1895
Écoles primaires
Hommes
Femmes
Cath. non brevetés
180 $
77 $
Cath. brevetés
233 $
103 $
Protestants
516 $
177 $
Source : A. Labarrière-Paulé, Les instituteurs laïques au Canada français, 1836-1900, p. 451, cité dans Histoire du Québec Contemporain.


Les salaires obtenus en 1893 par les institutrices de la nouvelle commission scolaire Saint-François-Xavier sont toutefois légèrement supérieurs à la moyenne québécoise.

Arrondissements
Enseignantes
Salaires
Mois
No 1
Mlle Laliberté
120$
10
No 2
Mlle Bergeron
--
10
No 3
Clara Potvin
110$
--
No 4
Mlle Goyette
100$
--
No 5
--
--
--
No 6
Mlle Monty
--
--
No 7
Mlle Papineau
130$
10
No 8
Mlle Lecourt
--
--
No 9
Mlle O'Keefe
13$/mois
8
Source : procès-verbaux de la Commission scolaire Saint-François-Xavier de Shefford, 28 août 1893, p. 12.


Mal rémunérées et manquant souvent de formation, ces enseignantes ont néanmoins largement contribué à l'établissement du premier réseau d'enseignement catholique de la paroisse Saint-François-Xavier de Shefford.

La commission scolaire catholique Saint-François-Xavier

L'année 1893 s'avère cruciale dans l'histoire de la communauté francophone de Shefford et marque une grande victoire pour le clergé catholique : à la suite de beaucoup de difficultés et de nombreuses démarches ponctuées d'échecs, la commission scolaire catholique de Saint-François-Xavier voyait enfin le jour. À partir de ce moment, toutes les écoles catholiques de la paroisse seront regroupées sous une même juridiction.

Mais la fondation de cette municipalité scolaire n'avait pas été sans peine, comme en fait foi cet extrait d'une lettre du curé Petit, successeur de Israël Courtemanche, à l'évêque Moreau, en 1885.
Il s'est trouvé des catholiques, Canadiens et Irlandais, Canadiens surtout, assez lâches pour nous tourner le dos au dernier moment, il s'est trouvé des êtres assez bas pour se rendre et se livrer aux protestants sans honte et sans pudeur [...] Vous ne sauriez croire tout ce que l'on a mis en oeuvre pour nous empêcher de réussir. J'espère que votre Grandeur voudra bien se souvenir que tant que nous n'aurons pas notre municipalité séparée nos deux écoles dissidentes sont dans l'impossibilité de se soutenir. À moins que vous nous veniez en aide pécuniairement, nous serons obligés de les fermer45.
Le 3 juillet 1893, on convoque une assemblée des contribuables et francs-tenanciers à la salle d'école du village de West Shefford pour élire, sous la présidence du Dr Brun, les cinq premiers commissaires d'école. À cette occasion, Jean-Baptiste Brodeur, Solyme Bédard, Olivier Daniel et Patrick Dunlavay sont élus unanimement, et le révérend Arthur Petit, qui sera nommé président de la commission scolaire, l'emporte sur division des voix. Les commissaires se réuniront tous les premiers mardis du mois à 19 heures chez le secrétaire-trésorier, le Dr Brun (882, rue Shefford), qui, du reste, n'est pas élu et reçoit un salaire qui correspond à 6% des montants collectés.

Dès leurs premières réunions, les commissaires procèdent à la division du territoire en neuf arrondissements. Celui du village porte le numéro un et comprend, en plus de West Shefford, les lots 5, 6, 7, et 8 du premier rang et les lots 1 à 8 du 2e rang du canton de Shefford, ainsi que les lots 27 et 28 du 1er, 2e et 3e rang de Brome.


     

Les citoyens de chaque arrondissement scolaire ont la responsabilité de tous les frais relatifs à l'école, et les parents, qui s'y réunissent une fois l'an, décident des travaux nécessaires à son amélioration et à son entretien, de même qu'ils tentent de remédier aux problèmes académiques relevés par l'inspecteur. Quant aux commissaires, qui détiennent les mêmes pouvoirs administratifs que les syndics, ils doivent s'assurer qu'il y ait une école par arrondissement et qu'elle soit située en son centre. Une fois l'emplacement déterminé, ils se rendent voir le propriétaire du terrain qui a l'obligation de le donner ou de le vendre.

Le manque d'élèves pouvait aussi conduire à une fermeture temporaire et les commissaires devaient alors assurer le transport des enfants vers un autre établissement. Ainsi, en 1927, les élèves de l'arrondissement no 7 seront transportés en voiture à cheval jusqu'à l'école no 6 par George Robert, qui touchera 125 $ pour sa peine.

Il est intéressant de souligner que toute personne présente lors des élections des commissaires pouvait être proposée et élue sans son consentement et obligée d'accepter la charge ainsi conférée. Seuls les membres du clergé pouvaient refuser le poste.

Une nouvelle école au village

Au début du 20e siècle, la petite école de la rue Compton n'était plus suffisamment vaste pour les 70 élèves inscrits au journal d'appel. Et Clara Hébert, l'enseignante d'alors, malgré toute sa bonne volonté, ne pouvait former adéquatement un si grand nombre d'enfants. La fréquentation scolaire n'étant pas obligatoire à l'époque, 46 élèves seulement étaient présents lors de la visite du curé Hogue, le 24 juin 1902. Ce dernier inscrira ces quelques notes au cahier de l'inspecteur : « L'examen est satisfaisant; il n'y a rien de brillant; mais tant qu'il n'y aura qu'une institutrice pour un nombre si considérable d'enfants on ne pourra jamais s'attendre à des merveilles. »

L'inspecteur Ruel, lors de sa visite de décembre 1902, confirme lui aussi l'état peu avancé des élèves, trop nombreux pour une seule institutrice, et il prévient les commissaires de se conformer à sa lettre de juin 1902 : « Sinon je serai obligé de dénoncer la Municipalité au gouvernement ». À cette occasion, comme c'était la coutume, l'inspecteur décerne des prix d'excellence à Hector Daudelin, Victoria Perrault, Raoul Blais, A. Languedoc et Délia Leduc.

Ne pouvant plus y échapper, les commissaires font donc l'achat d'une des propriétés du Dr Brun (610, rue Shefford) et la transforment en école. Et en septembre 1903, deux nouvelles enseignantes, Mesdemoiselles Villeneuve et Poirier, sont au rendez-vous pour accueillir les écoliers de l'arrondissement no1.

Les Sœurs Saint-Joseph

Dans le but manifeste d'augmenter son pouvoir d'encadrement, l'Église catholique mise sur la cléricalisation de l'enseignement. Aussi, à la fin du XIXe siècle, favorise-t-elle la venue au Québec de congrégations religieuses françaises d'hommes et de femmes et la création ici même de communautés vouées à l'enseignement. Tel fut le cas pour la congrégation des Sœurs Saint-Joseph de Saint-Hyacinthe fondée en 1877 par Mgr Moreau.

C'est à l'invitation de l'abbé Théodore Barré que la supérieure générale de la communauté, Mère du Saint-Coeur-de-Marie, avec l'accord de ses supérieurs ecclésiastiques, délègue en août 1906 quatre religieuses pour prendre en charge l'enseignement des filles et garçons du village de West Shefford. Ces religieuses marqueront l'éducation de nombreux catholiques par une présence soutenue de 66 ans (1906-1972).

Les conditions d'engagement qui furent soumises aux commissaires en 1906 étaient très explicites.

Conditions d'engagement au village de West Shefford
1o Les Sœurs de Saint-Joseph s'obligent à fournir trois religieuses dont deux diplômées pour l'enseignement et une pour la cuisine et travaux manuels, pour la somme de trois cent cinquante piastres pour chaque année scolaire, payable suivant les Règlements du Conseil de l'Instruction publique.

2o L'enseignement donné sera français et anglais.

3o La commission scolaire chauffera toute la maison d'école.

4o La commission scolaire fournira aux religieuses l'eau nécessaire pour elles-mêmes et pour les élèves, pourvoira les classes du mobilier et de tout ce que la loi requiert pour le bon fonctionnement des écoles.

5o La commission scolaire payera 15$ par année pour l'entretien des classes.

6o La commission scolaire devra fournir les articles de ménage ci-dessous mentionnés, savoir : 4 couchettes de fer 2 1/2 pieds de largeur, 4 sommiers, 4 matelas, 4 oreillers, 4 petits chiffonniers communs, 4 pots à l'eau avec bassins de toilette, 1 armoire à linge, 1 armoire à vaisselle, 1 table de réfectoire, 1 table de cuisine, 3 autres petites tables, 2 douzaines de chaises communes, 1 poêle de cuisine avec son tuyau et les ustensiles de cuisine indispensables à un ménage ouvrier, 1/2 service de vaisselle en faïence, la coutellerie nécessaire pour 4 personnes, les cuvettes et seaux nécessaires pour les lavages et 6 fers à repasser.

Source : Archives des Sœurs Saint-Joseph de Saint-Hyacinthe.


Bien que cet acte d'engagement concerne trois religieuses, dont deux préposées à l'enseignement et une aux tâches ménagères, quatre étaient présentes au mois de septembre 1906 pour la rentrée : sœur Marie-Joseph, directrice, sœurs Sainte-Victoire, Saint-Boniface et Saint-François-de-Paul. Au début, seulement deux d'entre elles enseigneront aux 61 élèves répartis en deux classes, la première pour les enfants du 1er et du 2e degré et la deuxième pour les degrés 3 et 4. Ces quatre degrés d'étude correspondaient au cours primaire de l'époque.

À en juger par les commentaires inscrits aux Annales de la Congrégation, West Shefford semblait alors bien loin de Saint-Hyacinthe.
Elles partent seules [...] nos mères ne peuvent aller les reconduire comme elles l'ont fait pour des missions plus rapprochées. C'est un premier sacrifice que le bon Dieu demande à nos trois vaillantes fondatrices. Elles l'accomplissent généreusement bien que des larmes humectent leurs yeux. Allez! semeuses d'Évangile, le Ciel vous regarde, vos anges vous accompagnent et vos Sœurs prient pour le succès de votre apostolat46.


La prise en main de l'enseignement par les religieuses améliora de beaucoup le niveau de scolarité de la jeunesse du village. Leur disponibilité et l'expérience de l'enseignement qu'elles acquéraient avec les années étaient un meilleur gage de réussite. Peu de comparaison possible avec ces jeunes laïques, souvent à peine âgées de 18 ans, qu'on congédiait dès qu'elles se mariaient. L'inspecteur d'école n'a en général que des éloges à faire quant aux résultats qu'elles obtiennent auprès des élèves. Sylva Ruel, lors d'une visite de routine le 15 mai 1907, souligne « que la discipline et l'éducation y ont beaucoup gagné sous la direction des sœurs. L'instruction a fait des progrès sensibles. »

Aux yeux des commissaires d'école, le salaire constitue un autre excellent motif d'engager des religieuses : en 1934, alors que les sept institutrices laïques des écoles de rang reçoivent entre 300$ et 325$ par année, les Sœurs Saint-Joseph, maintenant quatre à enseigner, n'obtiennent que 250$ chacune.


SALAIRE DES ENSEIGNANTES (1934-35)
Enseignantes
Arrondissements
Salaires/année
Sœurs Saint-Joseph (4)
no 1
250$ chacune
Rachel Jolin
no 2
300 $
Edouardina Jolin
no 3
325 $
Marie-Paule Leduc
no 4
300 $
Claire Deslauriers
no 5
300 $
Gilberte Ménard
no 7
300 $
Ruth Lapierre
no 8
325 $
Winnifred Dunlavay
no 9
300 $
Source : Procès-verbaux de la CSSFXS, 1933-1950, 26 juin 1934, p. 13.

Le couvent Saint-Joseph

Construit en 1914 pour répondre à l'augmentation constante de la population de West Shefford, le couvent des Sœurs Saint-Joseph fut longtemps la fierté des villageois et le témoin privilégié de nombreuses activités paroissiales. C'est à la suite des recommandations des commissaires Viens et Farrell qu'on organise un comité spécial pour veiller à la bonne marche de cette construction. Les membres de ce comité sont le curé Étienne-Eugène Pelletier, le médecin Hormidas Larose, le marchand Louis-Victor Marchessault et l'entrepreneur de pompes funèbres et président de la commission scolaire, Horace Malboeuf.

Le comité devra se conformer aux désirs des commissaires qui recommandent la construction d'une « école assez grande pour recevoir tous les enfants de l'arrondissement no 1 et tous ceux en dehors de l'arrondissement qui voudront la fréquenter. » De plus, on devra y loger les Sœurs Saint-Joseph qui en auront la responsabilité. Son coût devrait être d'environ 11 000 $47.

Ce nouvel établissement permettra aussi d'élever le degré de scolarité maximum de quatre à six ans, de passer d'une école élémentaire à une école modèle en offrant deux années d'étude supplémentaires. Durant ces deux ans, on poursuivait le cours de tenue de livres, on abordait l'histoire de France, d'Angleterre et des États-Unis et on s'initiait à la physique et à la chimie agricole.

Comme cette école était accessible aux enfants des autres arrondissements, « le surplus nécessaire pour approprier cette maison à la tenue d'une école modèle [était] imposé à la municipalité toute entière ». Un supplément de 3$ sera exigé des parents extérieurs à l'arrondissement no 1 qui désirent inscrire leurs enfants au couvent : ils devront débourser 5$ par année pour chacun d'entre eux, alors que les résidants du village ne paieront que 2$. En l'absence de transport scolaire, très peu d'habitants de la campagne se prévalaient de cette éducation supérieure ». Quelques filles pouvaient toutefois être hébergées au couvent durant la semaine, et les garçons résider chez les villageois.

Avec les années, le couvent offrira le cours académique et le cours secondaire, tandis que les écoles de rang donneront jusqu'à la septième année. Les parents désireux de prolonger l'instruction de leurs enfants devaient les inscrire dans les collèges privés, dans la plupart des cas à Saint-Hyacinthe, chef-lieu du diocèse.